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44 UN PHILOSOPHE ET UN CONTROLEURgrand Colbert en avait ; ayez celle de le sur-passer, Vous êtes né dans un temps plus favo-rable que le sien, II faut s’élever avec soasiècle.
LE MINISTRE.
Je conviens que ceux qui cultivent une terrefertile ont un avantage fur ceux qui l’ont dé-frichée.
LE PHILOSOPHE.
Croyez qu’il n'y a rien d’utile que vous nepuissiez faire aisément. Colbert trouva, d’uncôté , l’administration des finances dans toutle désordre où les guerres civiles & trente ansde rapine l’avaient plongée. Il trouva de l’autreune nation légère , ignorante , asservie à despréjugés, dont la rouille avait treize centsans d’ancienneté. II n’y avait pas un hommeau conseil qui sût ce que c’esl que le change.U n’y en avait pas un qui fût ce que c’estque la proportion des espèces, pas un qui eûtl'idée du commerce. A présent les lumières sesont communiquées de proche en proche. Lapopulace reste toujours dans la profonde igno-rance , où la nécessité'de gagner fa vie la.con-damne , & où l’on a cru long-temps que le biende l’Etat devait la tenir : mais Tordre moyenest éclairé. Cet ordre est très-conlidérable ;íl gouverne les grands, qui pensent quelque-fois , & les petits qui ne pensent point. II estarrivé dans la finance , depuis le célébré Col-bert , ce qui est arrivé dans la musique depuisLulli. A peine Lulli trouva-t-il des hommesqui pussent exécuter ses symphonies, toutes,simples qu’elles étaient, Aujourd'hui le nombre