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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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14 A.

ii vous demande pourquoi vous adoucissez laprononciation de la dernière {'v!!abe , & pour-quoi vous Radoucissez pas la précédente ; pour-quoi dans la conversation vous ne dires pasjc crayais , j’emplayais , &c.

Vous lui répondez, & vous devez lui ré-pondre, qu’il y a plus de grâce & de variétéà faire succéder une diphthongue à une autre.La dernière syllabe, lui dites-vous^, dont leson reste dans l'oreille , doit être plus agréa-ble & plus mélodieuse que les autres ; & c’eítla variété dans la prononciation de ces syl-labes qui fait ie charme de la prosodie.

L'éfranger vous répliquera : Vous deviezm’en avertir par l'écriture comme vous m'enavertissez dans la conversation. Ne voyez-voiìs pas que vous m’embarrassez beaucouplorsque vous orthographiez d'une façon, &que vous prononcez, d'une autre ?

Les plus belles langues, fans contredit,sont celles oii íes mêmes syllabes portent tou-jours une prononciation uniforme: telle est ialangue italienne. Elie n’est point hériílée delettres qu’on est obligé de supprimer : c’est fegrand vice de l'anglais & du français. Quicroirait , par exemple, que ce mot anglaishandkercklef se prononce ankìcher ? ik quelétranger imaginera que paon , Laon se pro-noncent en français pan & Lan ? Les Italiensse sont défaits de la lettre h & de la lettre ,x ,parcs qu’ils ne la prononcent plus ; que lesjnufons-nous ? avons-nous oublié que l’écritureest la peinture de la voix ?

Vous dites anglais, portugais , français,mais vous dites danois , suédois ; comment: