2.1(5 AME.,
je m’endors ; mon sommeil est absolument sansrêvés. Je ne peux imaginer que par conjec-tures combien de temps j’ai dormi. Je fuis mortrégulièrement six heures en vingt-quatre. C’eille quart de ma vie.
L'orthodoxe alors lui soutint qu’il pensaittoujours pendant son sommeil fans qu’il en fûtrien, b'hétérodoxe lui répondit : Je crois parla révélation que je penserai toujours dansí’autrë vie ; mais je vous allure que je penserarement dans celle-ci.
L’orthodoxe ne se trompait pas en assurantl’itnmortalité de l’ame , puisque la foi & laraison démontrent cette vérité ; mais il pou-vait se tromper en assurant qu’un hommeendormi pense toujours. .
Locke avouait franchement qu’il ne pensaitpas toujours.quand il dormait : un autre phi-losophe a dit : Le propre de l'komme est depenser i, mais ce n’est pas son ejsence.
Laissons à chaque homme la liberté & lacônsolation de se chercher soi-même , & defE'perdi*e dá.hs lès idées.
Cependant il est bon de savoir qu’en 1730nn philosophe (*) essuya une persécution allezforte pour avoir avoué , a\soc Loche , que sonentendement n'était pas exercé tous les mo-nt ens du jour & de la nuit, de même qu’il nese servait pas à tout moment de ses bras &de ses jambes. Non-seu!ement l’ignorance decour le persécuta , mais l’ignorance maligne
(*) M. de Voltaire. Voyez ce; qui est relatif auxJ.ettre% philosophiques. t dans la- corres^oaclance générale rde 17.3,a à. £734.