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monstre , il n’a point d’ame , on ne le baptisepas.
On fait qu’il y eut à Londres en 1716 unefemme qui accouchait tous les huit jours d’nnlapereau. On ne fesait nulle difficulté de refuser'le baptême à cet enfant , malgré la folie épj-démiqne qu’on eut pendant trois semaines àLondres de croire qu’en effet cette pauvrefriponne fêlait des lapins de garenne. Le chi-rurgien qui l’accoachait, nommé St André ,jurait que rien n’était plus vrai, & on le ct oyait.Mais quelle raison avaient les crédules pourrefuser 'une ame aux enfans de cette femme ?elle avait une ame, lés enfans. devaient enêtre pourvus aussi ; soit qu’ìls eussent desmains, soit qu'jls eussent des pattes, soit qu’ilsfussent nés avec un petit museau ou avec unvisage : l’être. suprême ne peut-il pas accorderle don de la pensée ct de la sensation à. unpetit je ne fais quoi, né d’une femme, figuréen lapin, auffi-bien qu’à un petit je ne fais quoi' figuré en homme ? Lame qui était prête à feloger dans le fœtus de cette femme, s’en re-tournera- t—elle à vide ?
Locke observe très-bien , à l’égard des mons-tres , qu’il ne faut pas attribuer rimmortalitéà l’extérieur d’un corps ; que la figure n’.y faitrien. Cette immortalité , dit—il , n’esl pas plusattacíiee à la forme de son visage ou de fapoitrine qu‘à la manière dont fa barbe est faite,ou dont son habit est taillé.
II demande quelle est la juste mesure de dif-formité à laquelle vous pouvez- reconnaîtreíju’un enfant a une ame ou n’en a point ?