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lennelletnent à ce trafic qui leur a paru mal-honnête.
SECTION II.
J ai lu depuis peu au mont Krapac où l’onfait que je demeureun livre fait à Paris ,plein d’esprit, de paradoxes , de vues & decourage , tel à quelques égards que ceux deMontesquieu , & écrit contre Montesquieu. (*)Dans ce livre on préfère, hautement l’esclavageà la domesticifé, & sur-fout à l’état libre demanœuvre. On y plaint le sort de ces mal-heureux hommes libres qui peuvent gagnerleur vie où ils veulent par le travail pourlequel l’homme est né , & qui est le gardiende l’innocence comme le consolateur de lavie. Personne , dit sauteur , n’est chargé deles nourrir , de les secourir , au lieu que lesesclaves étaient nourris & soignés par leursmaîtres ainsi que leurs chevaux. Cela est vrai ;mais l’espèce humaine aime mieux se pourvoirque dépendre ; & les chevaux nés dans lesforêts les préfèrent aux écuries,
II remarque avec raison que les ouvriersperdent beaucoup de journées , dans lesquellesil leur est défendu de gagner leur vie ; maisce n’est point parce qu’ils font libres , c’estparce que nous avons quelques lois ridicules& beaucoup trop de fêtes.
II dit très - justement que ce n’est pas lacharité chrétienne qui a brisé les chaînes dela servitude , puisque cette charité les a res-
(* ) Théonc de lois civiles par M. Zinguet.
serrées