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& qui les aimons , nous portons une vue at-tentive fur ce qui est assez indifférent au restedu monde. Le bon goût est pour nous en lit-térature ce qu’il est pour les femmes en ajuf-temens ; & pourvu qu'o n ne fasse pas de sonopinion une affaire de parti , il me semblequ’on peut dire hardiment qu’il y a dans Voi-ture peu de choses excellentes, & que Marotserait aisément réduit à peu de pages.
Ce n’efl pas qu’on veuille leur ôter leur ré-putation ; c’est aa contraire qu’on veut savoirbien au juste ce qui leur a valu cette réputa-tion qu’on respecte, 8t quelles font les vraiesbeautés qui ont fait passer leurs défauts. IIfaut savoir ce qu’on doit suivre & ce qu’ondoit éviter ; c’est là le véritable fruit d’uneétude approfondie des belles-lettres; c'est ceque fesait Horace quand il examinait Luciliusen critique. Horace se fis par-là des ennemis jmais il éclaira ses ennemis mêmes.
Cette envie de briller & de dire dctme ma-nière nouvelle ce que les autres ont dit, estla source des expressions nouvelles, comme despensées recherchées. Qui ne peut briller parune pensée , veut se faire remarquer par unmot. Voilà pourquoi on a voulu en dernierlieu substituer amabilités au mot d 'agrímens ,négligemment à négligence , badiner les amoursà badiner avec les amours. On a cent autresaffectations de cette espèce. Si on continuaitainsi , la langue des Bojsuet , des Racine , des-Pascal , des Corneille, des Boileau , des Féné-lon , deviendrait bientôt surannée. Pourquoiéviter une expression qui est d’ufage , pour eiiintroduire une qui dit précisément la même