Ê S ï R I T, LLZ
stément dáns ce fens-là. Clélie , Cajstindre , nosautres anciens romans, ne parlent que des par-ties de leurs héros & dé leurs héroïnes , 3cces parties font leur esprit. On ne pouvait mieuxs’exprîmer. F, n effet , qui peut avoir tout ?Chacun de nous n’a que fa petite portiond’inteliígence , de mémoire , de sagacité , deprofondeur d’idées , c!'étendue, de vivacité,de finesse. Le mot de parties est le plus con-venable pour des êtres auíìì faibles qu.e l’bomme.Les Français ont laissé échapper “de leurs dic-tionnaires une expression dont les Anglais fesent saisis. Les Anglais fe font enrichis plusd'tine fois à nos dépens.
Plusieurs écrivains philosophes fe font étonnésde ce que tout le monde prétendant à l'esprit,personne n’ose se vanter d’en avoir,
L’envie , a-t-on dit, permet à chacun d'étrele panégyrijìe de fa probité & non de son esprit.L’envie permet qu’on faste l’apologie de saprobité, non de son esprit, pourquoi s c’estqu’il est très-néceffaire cie paster pour hommede bien, & point du tout d’avoir la réputa-tion d’homme d’efprit.
On a ému la question , fi tous les hommesfont nés arec le même esprit, les mêmes dis-positions pour les sciences, 3c que rout dépendde leur éducation & des circonstances où ilsfe trouvent. Un philosophe , qui avait droitde se croire né avec quelque supériorité, pré-tendit que les esprits font égaux ; cependanton a toujours vu le contraire. De quatre centsenfans élevés ensemble sous les mêmes maîtres,dans îa même discipline, à peine y en a-t-iîcinq ou lix qui fassent des progrès bien mar-q