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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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Ê S ï R I T, LLZ

stément dáns ce fens-. Clélie , Cajstindre , nosautres anciens romans, ne parlent que des par-ties de leurs héros & leurs héroïnes , 3cces parties font leur esprit. On ne pouvait mieuxsexprîmer. F, n effet , qui peut avoir tout ?Chacun de nous na que fa petite portiondinteliígence , de mémoire , de sagacité , deprofondeur didées , c!'étendue, de vivacité,de finesse. Le mot de parties est le plus con-venable pour des êtres auíìì faibles qu.e lbomme.Les Français ont laissé échapperde leurs dic-tionnaires une expression dont les Anglais fesent saisis. Les Anglais fe font enrichis plusd'tine fois à nos dépens.

Plusieurs écrivains philosophes fe font étonnésde ce que tout le monde prétendant à l'esprit,personne nose se vanter den avoir,

Lenvie , a-t-on dit, permet à chacun d'étrele panégyrijìe de fa probité & non de son esprit.Lenvie permet quon faste lapologie de saprobité, non de son esprit, pourquoi s cestquil est très-néceffaire cie paster pour hommede bien, & point du tout davoir la réputa-tion dhomme defprit.

On a ému la question , fi tous les hommesfont nés arec le même esprit, les mêmes dis-positions pour les sciences, 3c que rout dépendde leur éducation & des circonstances ilsfe trouvent. Un philosophe , qui avait droitde se croire avec quelque supériorité, pré-tendit que les esprits font égaux ; cependanton a toujours vu le contraire. De quatre centsenfans élevés ensemble sous les mêmes maîtres,dans îa même discipline, à peine y en a-t-cinq ou lix qui fassent des progrès bien mar-q