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L’ennemi cìe Fo viendra le défier à îa fin damonde ; certainement cet ennemi fera un rhino-céros , car le rhinocéros combat i’éiéphant.C’est ainíì que raisonne dans un âge mârl’élève savant du faquir , & il devient unedes lumières des Indes ; plus il a î’efprit subtil,plus il l’a faux, & il forme ensuite dés espritsfaux comme lui.
On montre à tous ces é.nergumènes un peude 'géométrie , & ils Rapprennent affez facile-ment ; mais, chose étrange ! leur esprit n’estpas redressé pour cela ; ils aperçoivent lesvérités de la géométrie , mais elle ne leurapprend point à peser les probabilités ; ils ontpris leur pli, ils raisonneront de travers touteleur vie, St j'en fuis fâché pour eux.
II y a malheureusement bien des manièresd’avoir l’efprit faux. i°. De ne pas examinersi le principe est vrai lors même qu’on éndéduit des conséquences justes, 8t cette ma-niéré est commune. ( * )
a°. De tirer des conséquences fausses d’unprincipe reconnu pour vrai. Par exemple , undomestique est interrogé si son maître est dansfa chambre , par des gens qu'il soupçonned’en vouloir à sa vie : s’il était assez sot pourJeur dire la vérité sous prétexte qu’il ne fautpas mentir, il est clair qu’il aurait tiré uneconséquence absurde d’une principe très-vrai.
Un juge qui condamnerait un homme qui atué son assassin , parce que l’homicide est dé-fendu , serait aussi inique que mauvais rai-sonneur.
(*) Voyez Conséquence.