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les gens d’esprit se soient amusés à léur enfaire fans aucune autre vue. Quoi qu’il en soit,telle est la nature de l’Iiomme, que la fable estplus ancienne que l’hisloire.
Chez les Juifs qui font une peuplade toutenouvelle ( a ) en comparaison de la Chaldée &de Tyr ses voisines , mais fort ancienne parrapport à nous , on volt des fables toutes sem-blables à celles d 'Esope dès le temps des juges ,c’est-à-dire , mille deux cents trente-trois ansavant notre ère, st on peut compter fur detelks supputations.
11 est donc dit dans les Juges, que Gzdéortavait soixante & dix fils , qui étaient sortisde lui parce qu'U avait plujieurs femmes , &qu'd eut d’une servante un autre fils nomméAbimélec.
Or cet Ahìmélec écrasa sur Une même pierresoixante & neuf de ses frères , selon la cou-tume ; & les Juifs pleins de respect & d'adrni-ration pour Abimélec allèrent le couronner roisous un chêne auprès de la ville de Mélo ,qui d’aslleurs est peu connu dans l'hisloire.
Joathatu le plus jeune des frères, échappéíeyl au carnage , ( comme il arrive toujoursdans les ancienneshîst.oires ) harangua les Juifs ;il leur dit que les arbres allèrent un jour sechoisir un roi. On ne volt pas trop comment
(a) II efí prouvé que la peuplade hébraïque n’arrivaen palestine que dans un tejpps où le Canaan avaitdéjà d astez puiff-rníes villes j Tyr , Siáoa , Berith, fìoris-faieui. 11 efi dit que Jojué dériuifìr Jciico & la villede* lettres , des archives , des écoles , appelée CariasSephds j donc les juifs n’éraient alors que des étrangersqui partaient ie ravage chez des peuples policés*