66 LETTRES DU ROI DE PRUSSE
absurdes. Ce jeune homme, condamné à a voir-I 774- le poing coupé, la langue arrachée, à être roué,à erre jeté dans les flammes, ( comme s’ii avaitcommis une douzaine de parricides ) eít le jeunehomme le plus sage, le plus circonspect que j’ayejamais vu ; il n’a d’un jeune officier que la bra-voure ; son éducation avait été très-négligée,comme elle l'efì dans toutes les petites villes deFrance: il apprend chez moi la géométrie, lesfortifications, le dessin sous un très - bon maître;et je réponds à votre Majesté qu’à son retour ilfera en état de vous rendre de vrais services, etqu'il fera très-digne de votre protection dans cediable de grand art de Lucifer dont vous êtes leplus grand maître.
J’attends l’occasion de demander pour lui ceque l’humanité , la justice et la raison lui doivent ;son père est gentilhomme, et président d’unssotte ville ; son oncle est chevalier de Malte ; sonfrère a sollicité la place de bailli de la noblesse ,et aucun d’eux n’a osé parler pour lui.
Daignez voir, Sire , lì vous voudrez bien pro-téger, sons vous compromettre , cs brave et ver-tueux officier qui vous appartient; voulez-vousm’autoriser à dire qu’il est sous votre protection,etqu’onvous fera plaisir en le favorisant? II mesemble que cette tournure peut lui faire un grandibien sans exposer votre Majesté au moindredégoût.
J’avoue que si j’étais à la place de Morivai,je me garderais bien de rien demander à desvslches ; mais il y est’ forcé, il ne doit pas a ban-