I
ET DE M. DE VOLTAIRE. SS9
LETTRE L XXXIII.
D U M E M E.
Casse! , 24 novembre.
MONSIEUR,
J’ai reçu la lettre du 27 du mois passeavec le Prix de la justice et de l’humanité, Jeme suis emprcffé de le lire , et j’y ai vu lajustice et l’humanité tracées l’une et l’autre fur lepapier avec la plume la plus éloquente et la prosela plus belle. II serait à souhaiter que cous lesjurisconsultes pensassent comme vous fur cettematière. Je viens d’en perdre un, dans la per-sonne de M. le conseiller privé Koop, qui réunissaittous les taîens que l’on peut souhaiter dans unecharge de cette importance. Homme juste, éclairé,laborieux , intègre , compatissant au malheurd’autrui ; la mort nous l’a enlevé, et il navalepas encore cinquante ans. II était entièrementrevenu du sentiment barbare et inutile d’arracherle propre aveu du criminel par des supplicesplus cruels que la mort.
Je voudrais pouvoir mériter les éloges quevous m adonnez à cette occasion , et je les attri-bue uniquement à votre amitié pour moi, qura trop d’indulgence.
Je fuis avec la plus parfaite considération,Monsieur,
votre, etc.
Fin àu quatrième et dernier tome des Lettres duroi de Frujfs , t te. et de M. de Voltaire .