R E C U E I L
D E S L ET TRES
DE M. DE VOLTAIRE.
LETTRE PREMIERE.
A M. LE MARQUIS D’ARGENS.
Le 2 janvier-
J e reçois votre paquet, mon clier ami, et js vous.félicite de deux choses qui me paraissent impor-tantes au bonheur de votre vie . de votre raccom-modement avec votre famille , et de votre ardeurpour i’étude. Mais songez à votre santé ; modérez-vous, et n’étudiez dorénavant que pour votreplaisir. Tout ce qui sort de votre plume me faitgrand plaisir, mais je sais plus de pas encore d’unebonne santé que d’une grande réputation.
Je ne désespère cas que vous ne reveniez unjour en France. Voys verrez qu’à la fin on aimeà revoir fa patrie, ses proches, ses amis. Votreséjour dans les pays étrangers aura servi à vousorner Pesprit : vous auriez peut-être été enFrance un officier débauché ; vous ferez un savant,et il ne tiendra qu’à vous d’être un savant res-pecté. Le temps fai■■ oublier les fautes de jeunesse,et le mérite demeure.
Ecrivez-moi, je vous en prie, ce que voussavez des -Ledet. Son excellence M. Van - Hoy ,
A s
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