DE M. DE VOLTAIRE
123
J’auraís grande envie de savoir comment unepièce d’un genre sx nouveau et si hasardé réus-sirait chez nos galans Français; je voudrais fairejouer la pièce, et laisser ignorer sauteur. A quipuis-je mieux me confier qu’à vous? N’avez-vouspas en main cet ami de Paris, qui vous doittout et qui aime tant les vers ? Ne pourriez,vous pas la lui envoyer ? ne pounait-il pas lalire aux comédiens? mais lit-il bien? car unebelle prononciation et une lecture pathétiquefont une bordure nécessaire au tableau. Voyez,mon cher ami; donnez-moisur cela vos réflexions.
Quelle est donc cette madame Lambert à quije dois des complimens ? Vous me faites des amisdes gens qui vous aiment'; je ferai bientôt aiméde tout le monde.
Adieu. Madame du Cbâtelet vous estime,vous aime; vous n’en doutez pas. Nos cœursfont à vaus pour jamais ; elle vous a écrit commemoi à Charleville. Adieu ; je vous embrasse domeilleur de mon ame.
LETTRE L V I I I.
A M. LE MARQUIS D’ARGENS.
A Bruxelles , ce 18 juillet.
Etes-vocs parti? pour moi je pars dans laminute. Mes complimens, mon cher ami, aurévérend père JanJsem jésuite (*) de Bruxel-les , lequel a persuadé à la pauvre madamepiano, que son mari était mort hérétique, et(*) Ou Yanciti.