DE M. DE VOLTAIRE» I2Y
privilèges, qu’est-ce qu’un pays où les noblesfont fans discipline, le roi un zéro, le peupleabruti par I’esclavage ? st où l’on n’a d’argentque celui qu’on gagne à vendre sa voix ? Jevous ai déjà parlé, je crois, de la vieille bar-barie du gouvernement féodal.
Votre article fur fa Toscane : Ils viennent detomber entre les mains des Allemands , etc. est:bien d’un homme amoureux du bonheur public ;et je dirai avec vous, barbarus basfegttes , etc.
Je fuis fâché de ne pouvoir relire tout le livre,pour marquer toutes les beautés de détail quim’ont frappé, indépendamment de la sage éco-nomie et de l’enchaìnement de principes qui enfait le mérite.
11 y a une anecdote dont je ne puis encore con-venir , c’est que les nouvelles rentes ne furent pasproposées par M. Colbert. J’ai toujours ouï dire quece fut lui-même qui les proposa, étant à bout de sesressources : et je ne crois pas que Louis XIV con-sultât d’autres que lui. (14)
Avant de finir ma lettre, j’ai voulu avoirencore le plaisir de relire le chap. VI et la findu précédent : Un monarque qui n a plus àsonger qu à gouverner , gouverne toujours bien,Cette admirable maxime se trouve à la fuite dechoses très-édifiantes. Mais, pour Dieu, quece monarque songe donc à gouverner !
Je ne sais si on songe assez à une chose dont j aicru m’apercevoir. J’ai manqué souvent d’ouvriers
(14) Elies furent proposées à Colbert par des membreséu parlement, et ílles adapta par faiblesse » et malgré lui.