1740 -
I§4 RECUEIL DES LETTRES
des beaux arts, et des bontés d’un princa uni-que en ce monde. Le Prince royal de Prusse, àqui son ogre de père permettait à peine de lire,n’attend pas que ce père soit mort pour oser faireimprimer la Henriade. II a fait fondre en Angle-terre des caractères d’argent, et il compte établirdans fa capitale une imprimerie aussi belle quecelle du louvre. Est - ce que ce premier pas d’unroi philosophe ne vous enchante pas ?, Mais enmême temps, quel triste retour fur la France !C’eft à Berlin que les beaux arts vont renaître.Eh, que fait-on pour eux en France? on lespersécute. Je me console, parce qu’iî y auneEmilie et un Cidêvilïe , et que quand on a !e bon-heur dc leur plaire, on n’a que faire de l’appuides sets.
Adieu , mon cher ami ; Madame du Cbàteletvous fait mille compìimens. Je fuis à vous pourma vie.
LETTRE L X X V 11.
À M. LE MARQUIS D’ARGENSON, à Paris.
A Bruxelles , le 21 de mai.
X>ES petits hommages que je vous dois,Monsieur,depuis long. temps, font partis par le coche ,comme Scudèri , pour aller en cour ; ce fontquatre volumes ce mes rêveries imprimées àAmsterdam. Les fautes des éditeurs fe trouvaienten fcît grand nombre avec les miennes ; j’ai cor-rigé tout ce que j’ai pu, et il s’en faut beaucoupque j'en aye corrigé assez. Si je croyais que cela