,66 RECUEIL DES LETTRÉS
LETTRE L XX VIII.
A M. LE COMTE D’ARG ENTAL.
12 juin.
Mo* adorable ami, vous savez que je n’ai ja-mais espéré un succès brillant de Zulime. Je vousai toujours mandé que la mort du père tuerait lapièce ; et la véritable raison, à mon gré, c’est qu’a-lors i’iatérêt change; cela fait une pièce double.Le cœur n’aime point à se voir dérouté; et quandune fois i! est pbin d’un sentiment qu on lui a ins-piré, il rebute tout ce -vi se présente à la tra-verse ; «Tailleurs les postions qui règnent JungZulime, ne font point asl’-.z neuves. Le public,qui a vu déjà les mêmes choses fous d’autres noms,n’y trouve point cet ait ait invincib'e que la nou-veauté porte avec foi. Ç)ue vous êtes charmans ,vous ct madame d’ Argentai! que vous êtes au-dessus de mes ouvrage-! mais aussi je vous aimeplus que tous mes vers.
Je vous supplie de faire au p’utôt cesser pourjamais les représentations de Zulime, fur que!ruehonnête prêt- r.te, Je vous avoue que j - n’ai jamaismis mes complaisances que dans.Mahoinet et Mé-tope. J'aime les choses d'une espèce tome neuve.Jen’attends qu’une occasion de vous envoyer ladernière leqon de Mahomet ; et fi vous n’êtes pascontent, vous me ferez, recommencer. Vous m’en-v.rrez vos idées, je tâcherai de los mettra enoeuvre. Je ne puis mieux faire que d’être inspirépar vous.