SE M. DE VOLTAIRE. Igî
grandes injustices, qu’à faire de grandes actions.
Ce que vous me dites du prélat harangueur m’aétonné et affligé ; car on m’avait flâné que , dansune espèce de sermon à son assemblée, il avaitprêché la tolérance. Sa sortie contre les philoso-phes est plus dangereuse que vous ne pensez; onn’en veut déjà que trop aux partisans de la raison;et vous avez uû vous en apercevoir au refus queM, $ Akmbert essuie, jusqu’à présent, dune petitepension à laquelle il a un droit incontestable , etque l’académie des sciences demandait pour lui.
II me semble qu’il n'est pas bien honorablepour la Fiance, qu’on prive de douze centslivres de rente un homme si supérieur, qui a faitun sacrifice de cent mil.e livres d’appointemens ,pour rester dans son pays qu’il honore. C’est uneréflexion que fans doute tout le monde a faite, etqui vaut la pension.
l avais raison , comme vous voyez , de ne pointenvoyer ce brimborion de frère Oudìn , qu’on nepeut avoir fait courir que très défiguré. On nedoit parler du porc de St Antoine et du chien deSt Rock, pendant l’aiTe bne du clergé, qu’avec.un pro'ond respect.
Vous avez beau me dire qu’on lèvera i’excom-munìcation si justement fulminée par ceux qu!jouent des.pièces latines, contre ceux qu, jouentdes pièces françaises ; je connais trop l’Eglise;elle ne peut pas plus te relâcher quelle ne peuterrer. Ii n’y a plus que les drame- bourgeois doneologue Mariyaux où i’on punie ader pleurer efl