DE M. DE VOLTAIRE 22)
tente prête ; !e temps est favorable; je ne crois pasqu’il y ait un instant à perdre.
Je vous embrasse du meilleur de œon cœur.
LETTRE CX XVI.
A U MÊME,
17 de novembre.
Je ne manquai pas, mon cher ami, de faire cheracher, il y a quelques jours, à Genève, chez Issieur Boursier, les deux petites facéties de Neuchâ-tel. Je les adrestai stRis l’enveloppe de M. deÇíurteille , comme vous me Paviez prescrit. Jeserais fâché qu’elles fussent perdues, il serait difficilede les retrouver. Ce sont des bagatelles qui n’ontqu’un temps, après quoi elles pétillent comme lesfeuilles de Fréron.
Les divisions de Genève continuent toujours;mais fans aucun trouble. Ce fut, ces jours passés,ime chose assez curieuse de voir huit cents cin-quante citoyens refuser leurs suffrages aux magistratsavec beaucoup plus d’ordre et de décence que lesmoines «'élisent un prieur dans isn chapitre. Plu-sieurs magistrats et plusieurs citoyens m’ont priéde leur donner un plan de pacification. Je n’ai pasvoulu prendre cette liberté fans consulter monsieurd 'Argentai. Je crois d’ailleurs qu’il faut attendre queles esprits un peu échauffés, soient refroidis. M.Hinin-, nommé à la résidence de Genève, viendrabientôt, c’est un homme de mérite très instruit ;