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LETTRE C X X X I Y.
A M. D A M I L A V I L L E»
Le 4 de décembre.
JVIon confrère Saurìn , mon cher frère, m’a ——envoyé son Orpheline léguée, et je lui en fais mes l 7^î*remercîmens par cette lettre que je vous a dresse.
Je ne crois pas que ce legs ait valu beaucoupd’argent à fauteur. II y a beaucoup d’espi it dansson ouvrage, bien de la finesse, une grande pro-fondeur de raison dans les détails ; les vers fontbien faits, le style est aisé et agréable ; et, avectout cela, une pièce de théâtre peut très-bien n’a-voir aucun succès. II faut vis comica pour la co-médie , et vis tragica pour la tragédie; fans cela,toutes les beautés font perdues. Ayez la bonté delui faire parvenir ma lettre.
Je viens d’être bien attrapé par un livre quej’avais fait venir en hâte de Paris, L’annonce mefefait espérer que je connaîtrais tous les peuplesqui ont habité les bords du Danube et du Pont- 'Euxin, et que j’entendrais fort b;en l’ancienne lan-gue slavone. L’aureur, M. Peyjfonel, qui a étéconsul en Tartarie, promettait beaucoup, et n’arien tenu. Je mettrai son livre à côté de l 'Histoiredts Huns, par Guignes, et ne les lirai de ma vie.J’attends, pour me consoler, le ballot que Briaffimdoit m’envoyer. 11 ne songe pas qu’en le 'esantT. 90 . Correfp. générale. Tome XII, X