DE M. DE VOLTAIRE.
257
LETTRE C X L I V,
OFFICIER DE M A R I N E (*).
MONSIEUR,
h est vrai que j’ai hasardé un Essai sur l'histoire ——-générale, qui n'est qu’un tableau des malheurs que *7^5les rois, les ministres, les peuples de tous les payss’attirent par leurs fautes. II y a peu de détailsdans cet ouvrage. Si , dans ce tableau général, onplaçait tous les portraits, cela formerait une galeriede peintures qui régnerait d’un bout de l'univers àl’autre. Je me fuis contenté de toucher en deuxmots les faits principaux. Le peu que j’ai dit ducombat de Finistère est tiré mot à mot des papiersanglais. Notre nation n’est jamais bien informéede rien dans la première chaleur des événemens,et la nation anglaise se trompe très - souvent. Jesais au moins qu’elle n’est pas trompée fur la jus-tice qu’elle a rendue à tous les officiers françaisqui combattirent à cette journée ; et, comme vousétiez, Monsieur , un des principaux, cette justicevous regarde particulièrement. II se peut très-bienfaire qu’alors on ignorât à Londres si vous alliez auCanada ou si vous reveniez de la Martinique. Il estencore très-naturel que les Anglais aient qual'óéies( * ) On croît que c’est M. de Vauireuil,
Carrefp, générale. Tome XII, X