DEM. DE VOLTAIRE. 2/l
C’était une question de juri'prudence qu’on de-vais décider à l’amiable par des arbitres} et, encoreune fois , les avocats de Paris avaient saisi le nœudde la difficulté, et en avaient présenté le dénoue-ment.
Plusieurs citoyens y ayant plus mûrement pen-sé, sont venus chez moi aujourd’hui; ils mont priéde leur communiquer la consultation, ou du moinsle précis de cette pièce, me disant qu’ils espéraientqu’on pourrait s’y conformer. Je leur ai réponduque je ne pouvais le faire fans votre permission, Jeme fuis contenté de leur en lire le résultat, tel queje Pavais lu, il y a plus d’un mois, à quelqueimagistrats et à quelques citoyens.
Je vous demande donc aujourd’hui cette permis-sion , mes divins anges ; je crois qu’elle ne fêta qu’unrrès-bon effet. Cette démarche me fera utile, en per-suadant de plus en plus mes voisins de mon extrêmeimpartialité et de mon amour pour la paix.
II faut que Jean-Jacques Rousseau soit un grandextravagant d’avoir imaginé que c’était moi quiPavais fait chasser de l’Etat de Genève et de celui deBerne ; j’aimeraìs autant qu’on m’eût accusé d’avoirsait rouer Calas , que de m’imputer d’avoir persécutéun homme de lettres. Si Rousseau l’a cru , il est bienfou ; s’il l’a dit fans le croire, c’est un bien mal-honnête homme. II en a persuadé madame la maré-chale de Luxembourg, et peut-être M. le prince deContï ; et, ce qu’il y a de souverainement ridicule,c’est que cette belle idée est la cause unique de ladistension qui règne aujourd’hui dans Genève.
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1766,