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DE M. DE VOLTAIRE. ;6lde Lalll et celui des Sirven, vous feriez ma con-solation.
Comme je suis extrêmement curieux, je vou-drais bien aussi savoir quelque choie de M. de laChalotais. Vous me paraissez toujours bien informé.J’ai recours à vous dans les derniers jours où vousferez à Paris. Je fuis plus languedocien que jamais,mais mon affection ne va pas jusqu’au parlement deToulouse. II se forme bien des philosophes dansnos provinces méridionales ; il y en a moins pour-tant que de pénitens blancs, bleus et gris. Lenombre des sots et des fous eíl toujours le plusgrand.
Notre Ferney est devenu charmant tout d’uncoup. Tous les alentours se sont embellis ; nousavons, comme dans toutes les églogues, des fleurs,de la verdure et de l’ombrage ; le château est devenuun bâtiment régulier de cent douze pieds de face ;nous avons acquis des bois ; nous nageons dansl’utile et dans l’agréable ; il ne manque à cetteterre que d’être en Picardie.
Allez donc à Ornoy, Messieurs ; jouissez en paixd’une heureuse tranquillité , buvez quelquefois àma santé, et puissé-je vous embrasser tous avant demourirs
T. 90. Corresp. générale. Tome XII. H h