DE M. DE VOLTAIRE. Z6;
LETTRE CXCVL
A M. LE COMTE d’ARGENTAL.
11 de mai.
Lu N de mes anges m’a écrit une lettre touteremplie de raison, d’esprit, de bonté, et de chosescharmantes ; cela n’empêche pas que je ne trouvetoujours l’ame immortelle placée entre les deuxtrous, prodigieusement ridicule.
II s’en faut beaucoup que le petit ex-jésuite aitnégligé ses marauds du triumvirat ; mais il penseque vos belles dames, qui font dans Paris toutesles réputations, ne seront nullement touchées deces gens de sac et de corde. II a cru se tirer d’as-faire par des notes historiques, et par une histoirede-toutes les proscriptions de ce monde, qui fairdresser les cheveux à la tête. II prétend, dans ce»notes, que la conspiration de Cïnna n’a jamaisexisté, que cette aventure est supposée par Sénèque ,et qu’il l’inventa pour en faire un sujet de déclama-tion. C’est un objet de critique pour quelquespédans, mais dont le public ne se soucie guère.II reste donc persuadé qu’il ne trouvera point delibraire qui veuille donner cent écus de cette gue-nille , attendu que la Harpe n’en a pas pu trouvercinquante pour son beau Gustave - Va fa. L’ex-jésuite vous enverra bientôt ses roués et ses notespédantesques. II souhaite d’ailJeurs passionnément
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