I
B E M. DE VOLTAIRE. Z7
LETTRE XX.
A L A M E M E.
de décembre.
M a D A m e , les imaginations ne dorment point; _
et, quand même elles prendraient, en se couchant, î?68.une dose des oraisons funèbres de l’évêque du Puyet de l’évêque de Troyes, le diable les berceraittoujours. Quand la marâtre nature nous prive dela vue, elle peint les objets avec plus de forcedans le cerveau ; c’est ce que la coquine me faitéprouver.
Je fuis votre cons, ère des quin ze-vingts, dèsque la neige est fur mon horizon de quatre-vingtslieues de tour ; le diable alors me berce beaucoupplus que dans les autres faisons. Je n’ai trouvé àcela d’autre exorcisme que celui de boire : je boisbeaucoup, c’est-à-dire demi-fetier à chaque repas,et je vous conseille d’en faire autant ; il faut quece soit d’excellent vin ; personne, de mon temps,n’en avait de bon à Paris.
L’aventure du président Hènault est assurémentbien singulière. On s'est moqué de moi avec desBélofle et des Bclejlat , grands noms que vousconnaissez. Je ne veux ni rien croire, ni mêmechercher à croire.
L’abbé Baudot a eu la bonté de fureter dans labibliothèque du roi. II en résulte qu'il est très-.