DE M. DE VOLTAIRE; 39nommé frère Cucufin d’Ascoli. J’ai vu le procèsverbal de fa canonisation ; il y est dit qu’il se plai-sait fort à se faire donner des coups de pied dansle cu par humilité , et qu’il répandait exprès desœufs frais et de la bouillie fur fa barbe, afin queles profanes fe moquassent de fui, et qu’il offraità dieu leurs railleries. Raillerie à part, il faut queRes^omco soit un grand imbécille; il ne fait pasencore que l’Europe entière rit de Rome commede frère Cucufin. (* )
Je fais pourtant qu’il y a encore des hottentots,même à Paris ; mais, dans dix ans, il n’y en auraplus : croyez-moi fur ma parole.
Quoi qu’il en soit, Madame, buvez et dormez ;amufez-vous le moins mal que vous le pourrez;supportez la vie, ne craignez point la mort queCicéron appelle la fin de toutes les douleurs. Cicéronétait un homme de fort bon sens. Je déteste les pou-les mouillées et les âmes faibles. II est trop honteuxd’asservir son ame à la démence et à la bêtise degens dont on n’aurait pas voulu pour fes palefre-niers. Souvenons - nous des vers de l’abbé deChaulieu :
Plus j’approche du terme, et moins je le redoute.
Sur des principes sûrs mon esprit affermi,
Content, persuadé, ne connaît plus de doute ;
Des fuites de ma f n je n’ai jamais frémi.
Adieu, Madame ; je baise vos mains avec meslèvres plates, et je vous ferai attaché jufqu’au der-nier moment.
(*) Voyez le vol. de Facéties.*