Del’Al-lema-gne.
ïo Essai fur le Siécle
tretenant les unes chez les autres des Ambas-sadeurs , ou des Espions moins honorables,qui peuvent avertir toutes les Cours des des-seins d’une feule, donner à la fois Falarmeà l’Europe, & garantir les plus faibles desinvasions, que le plus fort est toujours prêtd’entreprendre.
Depuis Charles Quint, la balance panchoietrop du côté de la Maison d’Autriche. CetteMaison puiflanre étoit vers Fan 16zv. Maîtressede l’Espagne, du Portugal, & des Trésors deTAmerique ; la Flandre, le Milanois, le Royau-me de Naples, la Bohême, la Hongrie, F Alle-magne même ( si on peut le dire) étoientdevenus son patrimoine ; & si tant d’Etatsavoient été réunis fous un seul Chef de cetteMaison, il est à croire que FEurope lui au-roit enfin été asservie.
. L’Empire d’Allemagne est le plus puissantvoisin qu ait la France ; il est à peu près dela même étendue , moins riche peut-être enargent, mais plus second en hommes robus-tes & patiens dans le travail. La Nation Al-lemande est gouvernée, peu s'en faut, com-me Fétoit la France fous les premiers RoisCapétiens, qui étoient les Chefs, souvent malobéis , de plusieurs grands Vasiàux, & d’urçgrand nombre de petits. Aujourd’hui soi-xante Villes libres , A qu’on nomme Impé-riales , environ autant de Souverains Sécu-liers, près de quarante Princes Ecclésiastiques,