de Louis XIV. i i
soit Abbés , soit Evêques ; neuf Electeurs,parmi lesquels on peut compter trois Rois :enfin l’Empereur, chef de tous ces Potentats*composent ce grand Corps Germanique, quele flegme Allemand fait subsister avec presqueautant d’ordre, qu’il y avoit autrefois de con-fusion dans le Gouvernement Français.
Chaque membre de l’Empire a ses droits*ses privilèges, ses obligations ; & la connais-sance difficile de tant de Loix, souvent con-testées , fait ce qu'on appelle en Allemagne,VEtude du Droit public, pour laquelle la Na-tion Germanique est si renommée.
L’Empereur, par lui-même, neseroitgué-res, à la vérité, plus puissant, ni plus richequ’un Doge de Venise. L’Allemagne parta-gée en Villes libres , & en Principautés , nelaisse au Chef de tant d’Etats que la préémi-nence , avec d’extrêmes honneurs , fans do-maines, fans argent, &par conséquent fanspouvoir; il ne possede pas, à titre d’Empe-reur, un seul Village ; la Ville de Bamberglui est assignée seulement pour sa résidencequand il n’en a pas d’autre. Cependant cettedignité, auífi vaine que suprême, étoit deve-nue si puissante entre les mains des Autri-chiens , qu’on a craint souvent qu’ils ne con-vertissent en Monarchie absolue cette Répu-blique de Princes.
Deux Partis divisoient alors, & partagentencore aujourd’hui l’Europe Chrétienne, &
fur-