r6 Essai sur le Siécle
L’eíprit éclairé , qui régné en France de-puis un Siécle, & qui s’est étendu dans pres-que toutes les conditions, a été le meilleurremede à cet abus. Les bons Livres écritsfur cette matière, font de vrais services ren-dus aux Rois & aux Peuples, & un des grandschangemens qui se soient faits par ce moïendans nos mœurs fous Louis XIV., c’est lapersuasion dans laquelle les Religieux com-mencent tous à être, qu’ils font Sujets duRoi , avant que d’étre serviteurs du Pape. LaJurisdiction, cette marque essentielle de laSouveraineté , est encore demeurée au Pon-tife Romain. La France même, malgré tou-tes ses libertés de l’Eglise Gasticanne, souf-fre que l’on appelle au Pape en dernier res-sort dans les Causes Ecclésiastiques.
Si on veut dissoudre un mariage, épouser sacousine ou sa nièce, se faire relever de sesvœux, c’est à Rome (&non à son Evêque)qu’on s’adresse,- les grâces y font taxées , Stles Particuliers, de tous les états, y achetentdes dispenses à tout prix.
Ces avantages , regardés par beaucoup dcpersonnes comme la fuite des plus grandsabus , & par d’autres, comme les restes desdroits les plus sacrés , font soutenus avec unart admirable. Rome ménage son crédit avecautant de politique que la République Ro-maine en mit à conquérir la moitié du Mon-de connu.
jamais