de Louis XI F. 5$
etoient remplies'de voleurs. On voit par lesRegistres du Parlement, que le Guet de cetteVille étoit réduit alors à quarante-cinq hom-mes mal payés, & qui méme ne servoientpas.
Depuis la mort de François II. la Franceavoit été toujours ou déchirée par des guer-res civiles, ou troublée par des factions. Ja-mais le joug n’avoit été porté d'une maniérépaisible & volontaire. Les Seigneurs avoientété élevés dans les conspirations, c’étoitl’artde la Cour, comme celui de plaire au Sou-verain, l’a été depuis.
Cet esprit de discorde & de faction, avoitpassé de la Cour jusqu’aux moindres Villes, &possedoit toutes les Communautés du Royau-me ; on se disputoit tout, parce qu il n’y avoitrien de réglé : il n’y avoit pas jusqu’aux Parois-ses de Paris qui n’en vinssent aux mains ; lesProcessions se battoient les unes contre les au-tres, pour I’honneur de leurs Bannières. Onavoit vu souvent les Chanoines de Notre-Da-me, aux prises avec ceux de la Sainte Chapelle;le Parlement & la Chambre des Comptes s’é-toient battus pour le Pas dans rEg'life de Notre-Dame , le jour que Louis XIII. mit son Royau-me sous la protection de la Vierge.
Presque toutes les Communautés du Royau-me étoient armées ; presque tous les parti-culiers respiroient la fureur du Duel. Cettebarbarie gotique , autorisée autrefois par lesRois méme , & devenue le caractère de laNation , contribuoit encore autant que les
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