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LE MONDAIN.
Egrettera qui veut le bon vieux temps,
A\- Et l’Age d’Or, & le Régné d’Astrée,
Et les beaux jours de Saturne & de Rhée,
Et le Jardin de nos premiers parens.
Moi, je rends grâce à la Nature sage,
Qui pour mon bien m’a fait naître en cet âge,Tant décrié par nos pauvres Docteurs.
Ce tems profane est tout fait pour mes mœurs :J'aime le luxe & même la moleste ;
Tous les plaisirs, les Arts de toute efpece,
La propreté, le goût, les ornemens:
Tout honnête homme a de tels fentimens.
II est bien doux pour mon cœur très-immonde,De voir ici l’abondance à la ronde,
Mere des Arts, & des heureux travaux , 1
Nous apporter de fa source féconde,
Et des besoins & des plaisirs nouveaux.
L’Or de la Terre & les Trésors de l’Onde,I.eurs Habitans & les Peuples de f air,
Tout sert au Luxe, aux plaisirs de ce monde,O íe bon temps, que le Siécle de Fer !
Le superflu, chose très nécessaire,
A réuni l’un & l’autre hemiíphere.
Voyez-vons pas ces agiles Vaisseaux,
Qui du Texel, de Londres, de Bordeaux,
S’en vont chercher par un heureux échange,
De nouveaux biens nés aux sources du Gange ;
Tandis