LE TEMPLE
izë
DE L'AMITIÉ.
A U fond d’un Bois, à la Paix consicré,
Séjour heureux, de la Cour ignoré,
S’éleve un Temple où l’Art & ses prestigesN’étalent point f orgueil de leurs prodiges ;
Où rien ne trompe & n’éblouit les yeux ;
Où tout est vrai, simple , & fait pour les Dieux.
De bons Gaulois de leurs mains le fondèrent,
A l’Amitié leurs cœurs le dédièrent.
Las ! ils pensaient dans leur crédulité,
Que par leur race il feroit fréquenté.
En vieux langage, on volt fur la façadeLes noms sacrés d'Oreste & de Pilade,
Le médaillon du bon Pirritoiis ,
Du sage Acate, & du tendre Nifus,
Tous grands Héros > tous amis véritables í
Ces noms font beaux, mais ils font dáíis les Fables.
La Déité de ce petit séjour,
Reine sans faste, & femme fans intrigue,
Divinité fans Prêtres & fans brigue,
Est peu fêtée au milieu de si Cour.
A ses côtés fa fidele interprète,
La Vérité charitable & difcrette ,
Toujours utile à qui veut l’écouter,
Attend en vain qu’on l’ofe consulter :
Nul