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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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A M 8 -DE GENONVILLE,

Sur une Maladie.

N E me soupçonne point de cette vanité

Qua notre ami Chaulleu de parler de ltii-même;Et laisse moi jouir de la douceur extrême,

De touvrir avec liberté

Un Cœur qui te plaît & qui t'aime.

De ma Muse en mes premiers ans,

Tu vis les tendres fruits imprudemment éclore,

Tu vis la calomnie avec ses noirs serpens,

Des plus beaux jours de mon Printemps,Obscurcir la naissante Aurore.

D'une injuste prison je subis la rigueur,

Mais au moins de mon malheurJe fus tirer quelque avantage ;jappris à mendurcir contre ladveríîté jEt je me vis un courageQue je náttendois pas de la légèreté,

Et des erreurs de mon jeune âge.

Dieu ! que nai-je eu depuis la même fermeté !

Mais à de moindres allarmes,

Mon cœur n'a point résisté.

Tu fais combien lAmour ma fait verser de larmes.Fripon, tu le sais trop bien,

Toi dont lamoureuse adresseMôta mon unique bien :

Toi dont la délicatesse,

Par un sentiment fort humain,

Aimjj