A M 8 -DE GENONVILLE,
Sur une Maladie.
N E me soupçonne point de cette vanité
Qu’a notre ami Chaulleu de parler de ltii-même;Et laisse moi jouir de la douceur extrême,
De t’ouvrir avec liberté
Un Cœur qui te plaît & qui t'aime.
De ma Muse en mes premiers ans,
Tu vis les tendres fruits imprudemment éclore,
Tu vis la calomnie avec ses noirs serpens,
Des plus beaux jours de mon Printemps,Obscurcir la naissante Aurore.
D'une injuste prison je subis la rigueur,
Mais au moins de mon malheurJe fus tirer quelque avantage ;j’appris à m’endurcir contre l’adveríîté jEt je me vis un courageQue je n’áttendois pas de la légèreté,
Et des erreurs de mon jeune âge.
Dieu ! que n’ai-je eu depuis la même fermeté !
Mais à de moindres allarmes,
Mon cœur n'a point résisté.
Tu fais combien l’Amour m’a fait verser de larmes.Fripon, tu le sais trop bien,
Toi dont l’amoureuse adresseM’ôta mon unique bien :
Toi dont la délicatesse,
Par un sentiment fort humain’,
Aimjj