le Temple da Goût. 309
Je ne te vis jamais offusquer ta raison,
Du bandeau de s exemple, & de l’opinion :i’Homme est né pour s erreur, on voit la molle argile.Sous la main du Potier, moins souple & moins docile,Que l’ame n est flexible aux préjugés divers ,Précepteurs igríorans de ce faible Univers.
Tu bravas leur Empire & tu ne fus te rendre,Qu'aux paisibles douceurs de la pure amitié;
Et dans toi la nature avoit associéA s esprit le plus ferme, un coeur facile & tendre.
Parmi ces gens d’esprír, nous trouvâmesquelques Jésuites, Un Janséniste dira que lèsJésuites se fourrent par-tout ; mais leDieu duGoût reçoit aussi leurs Ennemis ; & st est
assez plaisant de voir dans ce Temple Bour-daloue qui s’entrcticnt avec Pascal sûr lé grandart de joindre l’Éloquence au Raisonnement.Le P. Bouhours est derrière eux, marquantfur des Tablettes toutes les fautes de langage»& toutes les négligences qui leur échappent.
Le Cardinal ne put s’empêcher de dire auPere Bouhours:
Quittez d’un Censeur pointilleuxLa pédantesque diligence ;
Aimons jusqu aux défauts heureuxDe leur mâle & libre Eloquence.
J’aime mieux errer avec eux,
Que daller, Censeur scrupuleux,
Peser des mots dans ma balance.
Cela fut dit avec beaucoup plus de poli-tesse que je ne le rapporte ; mais nous autres
O Poètes,