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Monsieur des Vertus. Mon cher ami, c’estqu’ils ont le cœur dur, & le malheur des autresne les touche point.
Le petit des Vertus. Oh bien ! ce font devilaines gens, n'est - il pas vrai ? car s’ils pensoienttous comme vous, je gage qu’il n’auroit plus depauvres.
Monsieur des Vertus. Tu as raison mon ami,mais les hcmmes qui font freres, & qui devroientvivre commeteis, ne pensent pas feulement, qu’ilssoient de la même elpece, quand la disproportionde la fortune fait de l’un à l’autre une différenceun peu considérable.
Le petit des Vertus. ( impromptu . ) En ce caslà, on est bien malheureux d’être homme, quandon est pauvre, car il y a plus d’égalité parmiles animaux.
Monsieur des Vertus. C’est qu’ils vivent plusdans l’ordre de la nature, & par leur propre existen-ce ont moins les facultés d’oublier ou de mépriserles loix de cette bonne maitreffe.
Le petit des Vertus, s impromptu . ) Allons,monPapa, voilà qui est fini, si je le deviens, ce ferapour être bon & utile aux autres hommes , quemoi, vous verrez, vous verrez.
Monsieur des Vertus . Voilà le moyen moncher ami ; d’imiter la divinité', autant qu’il esten vous , & vous me rendez d’avance le plusheureux Pere du monde à penser ainsi. Oh ça!comme je suis bien content de vous , que vousremplissez tous vos devoirs avec exactitude , jevais vous faire un habit neuf, où je ferai mettreun joli galon d’argent, pour qu’il soit plus honnête.