Henri sut médiateur entre le Pape & la Républiquede Venise, il protégea les Hollandois contre lesEspagnols, & ne servit pas peu à les reconoitrelibres & indépendants 5 il etoit fur le point de pas-ser en Allemagne avec une puissante armée , lors-que le scélérat qui lui donna la mort, l’enleva àla France & à l’Europe. La France n'a jamais eude meilleur ni de plus grand Roi, il fut son Gé-néral & son MiniÜre, il unit à une extrême fran-chise la plus droite politique, aux sentimens lesplus elevés , une simplicité de mœurs charmante,& à un courage de soldat un fonds d’humanitéinépuisable. Je ne puis disoit-il après une victoi-re , je ne puis me rejouir de voir mes sujets étendusmorts fur la place , je perds lors même que je gagne yquelques troupes, qu’il envoyoit en Allemagne,ayant fait du désordre en Champagne , Henri IV.diloit aux Capitaines, qui etoient encore à Paris ;„ Partez en dilligence, donnez-y ordre , vous m’en re-„ pondrez , vive Dieu! s’en prendre à mon peuple , c’efl„ s’en prendre h moi. Henri rencontra ce qui forme,& ce qui déclare les grands hommes des obstac-les à vaincre , des périls à essuyer , & surtout desadverlaires dignes de lui, enfin comme a dit un desplus grands Poètes de la France, ,, Il fut de ces„ sujets le Vainqueur & le Pere. „ Les grandesqualités de Henri IV. furent obscurcies par quelquesdéssauts ; il eut une passion extrême pour le jeu& pour les femmes. On ne peut guere excuserla première, parce qu’elle fit naître quantité dejeux d’hazard dans Paris, & encore moins la se-conde , parce que ses amours furent fi publics,& si universels depuis sa jeunesse jusqu’au dernierde ses jours, qu’on ne sauroit même leur donnerle nom de galanterie , aussi le nombre de ses en-fans naturels surpassa beaucoup celui des legitimes.
Ses