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Le cruel Hiver de 1709, acheva de désésperer laFrance. Les Oliviers , les Orangers, ressource desprovinces méridionales périrent; presque tous lesarbres fruitiers gelèrent; il n’y eut point d’espéran-ce de récolté ; le découragement s’augmenta avecla misere; Louis XIV. demanda la paix , & n’ob-tint que les réponses les plus dures. Déjà Mar-leborough avoit pris Tournai, & marchoit avecEugene pour investir Lisle , Mr. le Maréchal deViilars rassemble son armée , marche au secours,& leur livre bataille, il la perdit & fut blessé ,mais cette défaite lui acquit autant de gloire qu’u-ne victoire. Le Roi ferme dans l’adverlité , maisvivement affligé des malheurs de ses peuples, en-voya en 1710. le Maréchal d’Uxelles & le Cardi-nal de Polignac, pour demander la paix. Il portala modération jusqu’à promettre de fournir del’argent aux Aliés pour les aider à ôter la Couronneà son petit fils, ils vouloient plus & ils exigeoient,qu’il fè chargeât seul de le détrôner. Il fallut con-tinuer la guerre, quelque malheureuse qu’elle fût.Philippe V. battu près de Saragoce se vit obligé dequitter la Capitale de ses Etats, & y rentra parune victoire. Les négociations pour la paix recom-mencèrent en 1711. & eurent un effet heureuxauprès d’Anne Reine d’Angleterre. Une suspen-sion d’armes fut publiée entre les deux Couronnesdès le moisd’Aoûit. On commença enfin à Utrechtdes conférences pour une pacification générale. LaFrance n’en fut pas moins dans la consternation; desdétachemens considérables , envoyés par le PrinceEugène, avoient ravagé une partie de la Champa-gne , & pénétré jusqu’aux portes de Rheims. L’al-îarme etoit à Versailles comme dans le reste duRoyaume. La mort du fils unique du Roi arrivéedepuis un an ; le Duc de Bourgogne, la Duchesse
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