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Ce n’est pas que je me piqueDe tous vos Festins de Roi.
Mais rien ne vient m’interrompreJe mange tout à loisir,
/dieu donc , fi du Plaisir ,
Que la crainte peut corrompre.
N * * ★ *
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Le Loup & le Chien ,
Un Loup n’avoit que les os & la peauTant les chiens.faifoient bonne , garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau.
Gras, poli , qui s’etoit fourvoie par mégarde.
L’attaquer , le mettre en quartiers ,
Sire Loup l’eut fait volontiers,
Mais il falloit livrer bataille,
F.t le mâtin etoit de tailleA se défendre hardiment,
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos , & lui fait compliment ,
Sur son embonpoint qu’il admire ,
Il ne tiendra qu’à vous beau Sire ,'
D’ètre aussi gras que moi, lui repartit le Chien*.
Quittez les bois vous ferez bien,
Vos pareils y (ont misérables,
Cancres, hères & pauvres DiablesDont la Condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lipéeTout à la pointe de l’epée.
Suivez moi : vous aurez bien un meilleur destin.
Le Loup reprit, que me faudra-t-il faire ?
Presque rien dit le chien, donner la chasse aux gens,
Portant bâtons , & mendians ;
Flatter ceux du Logis ; à son maître complaire,
Moyennant quoi votre salaireSera force reliefs de toutes les façons ;
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.
Le Loup déjà fe forge une félicité
Qui