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La Foire Aux Vanités / Par M. W. Thackeray ; Roman Anglais Traduit Avec L'Autorisation De L'auteur Par Georges Guiffrey
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LA FOIRE AUX VANITÉS.

jeu cent mille livres sterling à un très-célèbre personnageLa moitié de cet argent servit à attiser le volcan révolution-naire , et lautre à acheter le marquisat de lord Gaunt et sonordre de la Jarretière; quant au surplus.... »

Mais il nentre point dans notre cadre de dire à quoi fut em-ployé le surplus, bien que le petit Tom Eaves, qui a mis sonnez partout, puisse nous donner le détail du surplus parlivre, sou, maille et denier.

Outre cet hôtel à la ville, le marquis avait des châteaux etdes palais dans tous les coins des Trois Royaumes. On en peutvoir la description dans le Guide du Voijageur en Angleterre :le château de Strongbow, avec bois et forêts, dans le Shanon-Shore; le Gaunt-Castle, dans le Cammarthewshire, qui servitde prison dÉtat à Richard II; le château deGauntley, danslYorkshire, se trouvent, dit-on, cent tasses à thé, toutes enargent, pour le déjeuner des hôtes de la maison, et tout le resteà lavenant; Stillbrook, dans lHampshire , modeste métairiedont lameublement faisait ladmiration de tous les visiteurs, etqui a été vendue, après décès, à la criée.

La marquise de Steyne descendait de lancienne et illustrefamille des Caerlyon, marquis de Camelot, restés toujoursfidèles à leur religion depuis la conversion du vénérable druidedont ils sont issus, et dont les tables généalogiques remontentà larrivée du roi Bruce dans notro lie. De temps immémorialles mâles de cette race sappellent Arthur, Uthers et Caradocs.La plupart ont conspiré, comme cétait leur devoir, et ont périsur léchafaud. La reine Élisabeth fit mourir du dernier sup-plice lArthur de son époque, qui, après avoir été chambellande Marie Stuart, portait les missives de la reine captive auxGuises ses oncles. Le cadet servait sous le Balafré. Pendantla captivité de Marie, les membres de cette famille furent detous les complots. La fortune de la maison fut grandement en-tamée par larmement quelle fit contre les Espagnols du tempsde Vinvincible Armada; par les amendes et les confiscationsdont il frappa Élisabeth pour avoir donné asile aux prêtres ré-fractaires et sêtre obstinément refusée à abjurer l'hérésie pa-piste. Sous le règne de Charles 1", le chef de la famille fléchitdevant les arguments théologiques du prince convertisseur ;sa fortune profita de cette faiblesse dun moment et recouvrasa splendeur passée; mais, sous le règne de Charles II, le comte