B e M. Joli.
fort ayant été averti à la Flèche de ce qui fe paf-foit à Paris avoit pris la pofte , & qu’il y étoitarrivé un peu après la rupture des Barricades. S'ileût fait un peu plus de diligence il fe feroit vangédu Cardinal Mazarin , du moins il elt bien cer-tain qu'il y avoit quantité de gens dans la Villequi avoient le même defîein, & que s’ils avoienttu un Chef comme Mr.ie Duc de Beautort, leschofes n’en feroient pas demeurées-la.
C’elt-ce qui a fait dire à plulïeurs perfonnes quele Cardinal Mazarin avoit eu grand tort d’expo-fer ainfi en même tems le Roi, la Reine & lui-même , & que voulant entreprendre d'enlever leSr. de Braudel, & les autres, il ne devoir pas de-meurer à Paris, mais au fortir du Te Veut» , me-ner le Roi à St. Germain , ou à Fontainebleau,où il n’auroit pu être forcé de faire ce qu’il fit &d’où il auroitétéaiféde dilîïper la rumeurduPeu-ple & les remontrances du Parlement.
Ce fut auffi une grande faute d'envoyer leChancelier au Parlement , dans la première cha-leur des efprits. Il auroit été plus prudent & plusde la Majefté de la Cour , d’attendre tranquile-ment fes remontrances, & on devoit confiderer.que quand le Chancelier auroit pu arriver auPalais fans obftacle , il y avoit toûjourS lieu decraindre que le Peuple ne l’arrêtât pour fervir d’o-tage aux exiler,. . ' "
Ce fut auffi une grande imprudence de faireprendre les armes aux Bourgeois , qui apparem-ment ne les auraient pas prifes fans cela , aumoins fi univerfellement, attendu que les parti-culiers qui ont quelque chofe à perdre ne fe por-tent gueres d’eux-mêmes à ces dangereufes ex-tre mitez, dans la crainte de fe faire remarquer,au lieu qu’on s’abandonne plus aifément àfon em-portement quand on s’y voit autorifé par ks Ma-B 5 giftrats*