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Tome premier
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DE M. J t) II. 63

accommodement avec le Cardinal, comme uneperfidie horrible, & qui étoit ians exemple. Ef-fectivement on avoit vû M. le Prince en publicavec le Coadjuteur, pendant quele démêlé dura 8cjufques à fon accommodement. Aufli n'eut-ilrien à dire de bon pour fe juftifier , linon quele Coadjuteur ne lui ayant propofé que des enle-vemens , 8c des Barricades fort hazardeufes , iln’a voit pu fe refoudre à ces extrémitez qui auroientété fuivies d’un desordre général.

Il fembloit que cette refolution devoit entraî-ner la perte des Frondeurs; 8c que la Cour alloitentrer dans l’exercice de fon autorité arbitrairedont elle étoit fi jaloufe ; mais ceux qui connoif-foient le fond des chofes jugèrent bien que cet ac-commodement forcé ne dureroit pas long-tems,& que le Cardinal Italien chercheroit à fe vengerdes affronts qui lui avoient été faits, & de fe tirerde la necefîïtéoù il s’étcit mis d’accorder à M. lePrince tout ce qu’il voudrait demander.

Cependant le Cardinal Mazarin ne paroiifoitoccupé que du foin de détruire les Frondeurs,âmufant ainfi S. A. qui le fouhaitoit plus que lui8c qui s’imaginoit que leur perte rendroit celle duCardinal plus facile. De leur côté les Frondeurscherchèrent les moyens de fe foûtenir, 8c de pro-fiter des occafions, qui pourroient entretenir làmauvaife humeur du Peuple.

La Cour leur en fournit elle- même un beaufujet en prenant fous fa protedion les Fermiers desGabelles qui avoient été condamnez par plu-fieurs Arrêts du Parlement à fournir les fonds pareux pour payer les rentes de l'Hôtel de Ville, deforte que les Rentiers voyant que le Prévôt desMarchands, 8c les Echevins gagnez par la Cournegligeoient les intérêts du public , commencè-rent à s’affembler dans la Maifon de Ville ; ovi

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