çi6 Mémoires
tans pour le porter aux extrêmitez , & qu’ehfmavant de fe déterminer , il falloit voir fi la Courlui refufoit la nomination au Cardinalat qu’ellelui avoit fait efperer, 8t que c'étoit uniquement„j>ar cette pierre de touche qu’il devoit juger defes bonnes ou mauvaifes volontez à fon égard.
Le Coadjuteur fe fit prier, difant qu’il ne vou-loir rien demander au Cardinal; mais Madame de-Chevreufe, qui favoit combien il defiroit la chofe,ne laiflà pas d’en parler au Sieur le Tellier , lepriant d’en écrire inceflamitient au Cardinal Scde lui faire bien fentir qu’il lui étoit de la derniè-re conféquence de retenir le Coadjuteur dans fésInteret» , à quelque prix que ce fût. Le Sr. le Tel-lier ayant refufé de fe charger de cette propofi-tion qu’il favoit bien ne devoir pas être agréable,elle en écrivit elle-même au Cardinal qui lui ré-pondit en termes généraux qui ne fignifioient riendans fon langage; mais ils ne laiffoient pas de luidonner quelque lieu d’efperance.
Cette réponfe retint lé Coadjuteur quelquetems jufqu’à Ce qu’il eut avis de certaines parolesqui étoient échapeés au Cardinal contre lui & con-tre fes amis dont Madame de Chevreufe ayant étéinformée, elle commença auffi d'entrer en quel-que défiance d’autant plus que le Sr. de Laiguesfon ami étdit mêlé dans ce difcours, le Cardinalayant dit que ce Marquis avoit encore trop deteinture du Coadjuteur pour fe pouvoir fier enlui. C’eft pourquoi dès que la Cour fut arrivée àFontainebleau, cette Dame s’y rendit exprès , afinde faire expliquer plus nettement ce Miniftre furl’affaire du Chapeau ,ce que n’ayant pû obtenir,elle lui dit en prenant congé de lui qu’elle ne pour*roit pas s’empêcher de témoigner au Coadjuteurquelque chofe de fa froideur à fon égard ; fur4uoi le Cardinal ayant fait reflexion * il envoya
chez