I2Ô MEMOIRES
lité repréfenterent fortement à leurs Altefles querien ne leur pouvoit être plus defavantageux quece qu’ils demandoient , les priant bien de confi-derer le péril qu’il y avoitdans le retardement, &le peu de cas qu’on feroit, après la Majorité duRoi des promefl'es dont on les flattoit: ce qui futexprimé en termes (i forts & iï dignes du rang deceux qui parloicnt, qu’on peut dire qu’il ne s’étoitpoint fait de difcours qui approchaient de ceux-là dans toutes les Affemblées du Parlement.
Il fallut cependant ceder à la pluralité des voix.L’Affemblée fut rompue , & pour la forme onenvoya quelques Lettres dans le Bailliage du ref-fortde Paris, en conféquence de quoi il fe fit uneAffemblée dans l’Archevêché, pour nommer desDéputez aux prétendus Etats Généraux. Mais ilarriva bien-tôt des affaires qui rompirent ces me-fures apparentes qu’on auroitbien trouvé le moyend’éluder fans cela de quelque maniéré que c’eûtété. Cette première démarche faite , la Courn’en demeura pas-là , & le Cardinal ayant péné-tré l’éloignement extrême de Mad. de Longuevillepour le mariage de Mademoifelle de Chevreufe,il entreprit de le faire rompre & d’engager Mr.le Prince à faire cette fécondé faute, qui dans lafuitelui fut bien plus préjudiciable que la première,en lui faifant entendre que pour établir entre euxUne parfaite confiance, il falloit commencer parla rupture de ce mariage. Mademoifelle de Che-vreufe étoit une jeune Princeffe, belle, bien fai-te , d’un humeur engageante, & capable de ga-gner le cœur de Mr. le Prince de Conti , & demériter l’eftirae de Mr. le Prince. Madame deLongueville avoit bien une partie de ces quali-tez, mais elle ne s’y fioit plus tant, n’étant pasfi jeune. C’elt pourquoi elle appuyoit de toutesfes forces les inftances du Cardinal, eri décriant