Band 
Tome premier
JPEG-Download
 

de M. Joli. i3i

Coadjuteur n’en a rien dit lui-même que très-long-tems après, & ceux à qm il en parla ne lécrurent point, parce qu'ils le cônnoiffoient , &qu’il ne cherchoit qu’à le faire une efpece de mé-rité auprès de la Reine, à laquelle il étoit vraie-ment redevable de fa Coadjutorie , 8c cela auxdépens de Mr. le Prince. Quoi qu’il en foit, onne parla plus du mariage de Mademoifelle de Che-vreufe. Il avoit même déjà couru un bruit, quandles Seaux furent ôtez à M. de Chateauneuf, quela mere & la fille dévoient être exilées, & qu’el-les l’avoient cru fi bien qu’elles pafferent une nuitfansfe deshabiller, ayant leurs Bijoux dans une caf-fete, que Madlle. de Chevreufe tenoit fous fon bras.Le Coadjuteur , & quelques-uns des Frondeursdemeurèrent aufîi toute la nuit à l'Hôtel de Che-vreufe , prenant des mefures pour fe vangef dansles occafions ; mais la Lettre de Cachet n’étantpoint venue, chacun fe retira chez foi avec utipeu moins de crainte.

Cependant comme on n’étoit pas content dela moleffe de S. A. R. on crut qu’il feroit bon delui en faire fentir quelque chofe, 8t que cela pour-roit le faire revenir. C’eft pourquoi quelques joursaprès le Coadjuteur étant allé au Luxembourg luidit qu’ayant cru jufques alors n’être pas entière-ment inutile dans les affaires générales , il s’,yétoit employé de fon mieux ; mais voyant qu11n’étoit plus neceffaire , 8c que les affaires pre-noient un autre train , il vouloit fe mettre en re-pos i 8c ne plus s’expofer comme il avoit faitpour le Public 8c pour des intérêts particuliers <dont on ne lui tenoit pas grand compte. Ce Dif-cours fit fon effet fur Mr. le Duc d’Orléans s quitn parut furpris comme on l’avoit bien préyû.,cequ’il marqua par fa réponfe , en difant qu’on luilaifoit grand tort , fi l’on craignoit qu’il put feI s livrer