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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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MOLIÈRE.

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et avec raison, clés Despréaux et des La Bruyère. Dans lédition de Neuf-villenaine, quil faut bien considérer, par suite du silence de Molière,comme lédition originale, la pièce est clun seul acte, quoique plus tardles éditeurs de 1734 laient donnée en trois; mais il y a lieu de croireque, pour Molière comme pour les anciens tragiques et comiques, cettedivision dactes est imaginée ici après coup et artificielle. Molière, dansses premières pièces, ne sastreint guère plus que Plaute à cette divisionrégulière; il laisse fréquemment la scène vicie, sans quon puisse suppo-ser lacte terminé en ces endroits. Il se rangea bien vite, il est vrai, àla régularité dès lors professée; mais on voit (et cest sur quoi jinsiste)combien il avait naturellement les habitudes de lépoque antérieure.Pour obvier à des larcins pareils à celui de Neufvillenaine, Molière dutsonger à publier dorénavant lui-même ses pièces au fur et à mesuredes succès. VÉcole des Maris , dédiée au duc dOrléans, son protecteur,est le premier ouvrage quil ait publié de son plein gré; à partir de cemoment (1661), il entra en communication suivie avec les lecteurs. Onle retrouve pourtant en défiance continuelle de ce côté; il craint les bou-tiques de la galerie du Palais; il préféré être jugé aux chandelles , aupoint de vue de la scène, sur la décision de la-multitude. On a cru,daprès un passage de la préface des Fâcheux , quil aurait eu desseinde faire imprimer ses remarques et presque sa poétique, à loccasion deses pièces ; mais, à mieux entendre le passage, il en ressort que cettepromesse, mal daccord avec sa tournure de génie, nest pas sérieuse eneffet; ce serait plutôt de sa part une raillerie contre les grands raison-neurs selon Horace et Aristote. Sa poétique, du reste, comme acteuret comme auteur, se trouve tout entière dans la Critique de VÉcole desFemmes et dans VImpromptu de Versailles, et elle y est en action, encomédie encore. À la scène vu de la Critique, nest-ce pas Molière quinous dit par la bouche de Dorante : « Vous êtes de plaisantes gens avecvos règles dont vous embarrassez les ignorants et nous étourdissez tousles jours! Il semble, à vous ouïr parler, que ces règles de lart soientles plus grands mystères du monde, et cependant ce ne sont que quel-ques observations aisées que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter leplaisir que lon prend à ces sortes de poèmes ; et le même bon sens,qui a fait autrefois ces observations, les fait aisément tous les jours sansle secours dHorace et dAristote... Laissons-nous aller de bonne foi aux