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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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BOSSUET.

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prescrit des bornes aux flots de la mer, a marqué la hauteur jusquelle a résolu de laisser monter tes iniquités. » On croirait lire un pas->sage du livre des Pensées.

Jai encore beaucoup à dire sur cette première époque de Bossuet,tant à Metz quà Paris. Comment était-il de sa personne dans sa jeunesseà lâge il prononçait ces discours, déjà si puissants, avec une auto-rité précoce qui rayonnait clune inspiration visible et qui sembellissait,pour ainsi dire, dun reste de naïveté? M. de Bausset se lest demandeet y a répondu autant quil la pu en des termes bien généraux : « Lanature, dit-il, lavait doué de la figure la plus noble; le feu de sonesprit brillait dans ses regards; les traits de son génie perçaient danstous ses discours. Il suiïit de considérer le portrait de Bossuet, peintclans sa vieillesse par le célèbre Rigaud, pour se faire une idée de cequil avait être dans sa jeunesse. » Il cite un peu plus loin le témoi-gnage de labbé Ledieu, qui rapporte « que le regard de Bossuet étaitdoux et perçant; que sa voix paraissait toujours sortir dune âme pas-sionnée ; que ses gestes dans laction oratoire étaient modestes, tran-quilles et naturels ». Ces peintures un peu molles et à la Dagues-seau nont pas suffi, on le conçoit, à M. de Lamartine, qui, avec cetteseconde vue qui est accordée aux poètes, a su apercevoir distinctementBossuet jeune, adolescent, Bossuet à lâge dÉliacin, avant même quileût abordé la chaire et quand il montait seulement les degrés delautel :

« Il navait pas encore neuf ans, nous dit lauteur de Jocelyn parlant de Bossuet,quon lui coupa les cheveux en couronne au sommet de la tète... A treize ans on lenomma chanoine de Metz... Cette tonsure et ce vêtement seyaient à sa physionomiecomme à son maintien. On reconnaissait le lévite dans ladolescent. Sa taille, quidevait grandir beaucoup encore, était élevée pour son âge; elle avait la délicatesse etla souplesse de lhomme qui nest pas destiné à porter dautre fardeau que la pensée;qui se glisse avec recueillement, à pas muets, entre les colonnes des basiliques, etque la génuflexion et le prosternement habituel assouplissent sous la majesté de Dieu.Ses cheveux, de teinte brune, étaient soyeux; un épi involontaire en relevait ausommet du front une ou deux boucles comme le diadème de Moïse ou comme lescornes du bélier prophétique; ces cheveux ainsi plantés, dont on retrouve le mou-vement jusque dans ses portraits dun âge avancé, donnaient du vetet de linspi-ration a sa chevelure. Ses yeux étaient noirs, pénétrants, mais doux. Son regard étaitune lueur continue et sereine : la lumière ne jaillissait point par éclairs, elle encmhit par un rayonnement q ù attirait lœil sans Véblouir. Son front élevé et