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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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ANDRÉ CHÉNIER.

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de sa double flûte divine! En l’indiquant, j’y vois comme un défi quequelqu’un de nos jeunes peintres relèvera L

Ailleurs, ce n’est plus le gracieux enfant, c’est Andromède exposéeau bord des flots, qui appelle la muse d’André: il cite et transcrit lesadmirables vers de Manilius à ce sujet, au V e livre des Astronomiques ;ce supplice d’où la grâce et la pudeur n’ont pas disparu, ce charmantvisage confus, allant chercher une blanche épaule qui le dérobe :

Supplicia ipsa decent; nivea cervice reclinisMolliter ipsa suæ custos est sola figuræ.

Defluxere sinus humeris, fugitque lacertosYestis, eteffusi scopulis lusere capilli.

Te circum alcyones pennis planxere volantes, etc.

André remarque que c’est en racontant l’histoire d’Andromède à latroisième personne que le poète lui adresse brusquement ce vers : Tecircum, etc., sans la nommer en aucune façon. « C’est tout cela, ajoute-t-il, qu’il faut imiter. Le traducteur met les alcyons volants autour de vous ,infortunée princesse. Cela ôte de la grâce. » Je ne crois pas abuser dulecteur en l’initiant ainsi à la rhétorique secrète d’André 1 2 .

Nina, ou la Folle par amour, ce touchant drame de Marsollier, futreprésenté, pour la première fois, en 1786; André Chénier put y assister;il dut être ému aux tendres sons de la romance de Dalayrac :

Quand le bien-aimé reviendraPrès de sa languissante amie, etc.

Ceci n’est qu’une conjecture, mais que semble confirmer et justifier lecanevas suivant qui n’est autre que le sujet de Nina, transporté en Grèce,et où se retrouve jusqu’à l’écho des rimes de la romance :

« La jeune fille qu’on appelle la Belle de Scio... Son amant mourut...

1. Peut-être aussi le poëte n’emploie-t-il, en certains cas, cette expression de quadro quemétaphoriquement et par allusion à son petit cadre poétique.

2. Il disait encore dans ce même exquis sentiment de la diction poétique : « La hui-tième épigramme de Théocrite est belle (Épitaphe de Cléonice) ; elle finit ainsi : MalheureuxCléonice, sous le propre coucher des Pléiades, cura Pleiadibus, occidisti. Il faut la traduireet rendre l’opposition de paroles... la mer t’a reçu avec elles (les Pléiades). »

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