Buch 
Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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lettres de madame de sévidné

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va à Nainur. Vous croyez quon na pas dessein de la suivre. Un ne laissera pasde faire son procès, ne fût-ce que pour la justifier : il y a bien des noirceursdans ce que dit la Voisin. Le duc de Villeroi paroît très-affligé, ou, pour mieuxdire, ne paroît pas, car il est enfermé dans sa chambre, et ne voit personne.Peut-être vous dirai-je encore quelque nouvelle avant que de fermer cette lettre.

Madame de Vibraye a repris le train de sa dévotion; Dieu na pas vouluquelle ait passé sa vie, comme vous dites fort bien, avec ses ennemis. Madamede Buri fait fort joliment tourner son moulin à paroles. Si on voit la princesse(de Contï) à Paris, madame deVins désire que jy aille avec elle. Pomenars aété taillé, vous lai-je dit? Je lai vu; cest un plaisir que de lentendre parlersur tous ces poisons : on est tenté de lui dire : Est-il possible que ce seul crimevous soit inconnu? Volonne dit son avis comme un autre, admirant le com-merce quon a eu avec ces coquines. La reine dEspagne est quasi aussi enfer-mée que M. de Luxembourg. Madame de Villars mandoit lautre jour à madamede Coulanges que, si ce nétoit pour lamour de M. de Villars, elle ne passeraitpoint son hiver à Madrid. Elle fait des relations fort jolies et fort plaisantes àmadame de Coulanges, croyant bien quelles iront plus loin. Je suis fort con-tente den avoir le plaisir, sans être obligée dy répondre. Madame deVins estde mon avis. M. de Pomponne est allé pour trois jours respirer à Pomponne;il a tout reçu, il a tout rendu : voilà qui est fait. lime serre toujours le cœur,quand il me demande si je ne sais point de nouvelles; il est ignorant commesur les bords de la Marne : il a raison de calmer son âme tant quil pourra. Lamienne a été fort émue, aussi bien que celle de labbé, de ce que vous écrivezde votre main : vous 11e lavez pas senti, ma chère enfant, il est impossible dele lire avec des yeux secs. Eh ! bon Dieu ! vous compter bonne à rien et inutilepartout à quelquun qui 11e compte que vous dans le monde : comprenez leffetque cela peut faire. Je vous prie de ne plus dire de mal de votre humeur ; votrecœur et votre âme sont trop parfaits pour laisser voir ces légères ombres.Epargnez un peu la vérité, la justice, et mon seul et sensible goût : ma chèreenfant, je ne compterai point ma vie que je ne me retrouve avec vous.

AU MÊME

A 1VD, veiulrcili 2 février 1680.

Vous avez trop écrit, ma très-chère; vous vous laissez tenter à Peuvie decauser, et vous abusez ainsi de votre délicate santé; si je succombois aussi aisé-