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F'A B L E S
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Vous n’avez qu’à choisir ; car chacun est jalouxDe l’honneur d’être votre époux.
En ce cas je donne, dit-elle,
Ma voix au plus puissant de tous.
Soleil, s’écria lors le bramin à genoux,
C’est toi qui feras notre gendre.
Non, dit-il: ce nuage épaisEst plus puissant que moi, puisqu’il cache mes traits ;
Je vous conseille de le prendre.
Et bien, dit le bramin au nuage volant,
Es-tu né pour ma Fille? hélas! non; car le ventMe chasse à son plaisir de contrée en contrée;
Je n’entreprendrai point slir les droits de Borée.
Le bramin fâché, s’écria:
O vent donc, puisque vent y a,
Viens dans les bras de notre Belle.
Il accouroit: un mont en chemin l’arrêta.
L’étœuf passant à celui-là,
Il le renvoyé, & dit: j’aurois une querelléAvec le rat ; & l’offenserCe servit être fou, lui qui peut me percer;
Au mot de rat, la DemoiselleOuvrit l’oreille; il fut l’époux:
Un rat! un rat: c’est de ces coupsQu’amour fait, témoin telle & telle;
Mais ceci soit dit entre nous.
On tient toujours du lieu dont on vient; cette fableProuve assez bien ce point: mais à la voir de près,
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