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L’ÉTOURDI,
On est venu lui dire, et par mon artifice,
Que les ouvriers qui sont après son édifice,
Parmi les fondements qu’ils en jettent encor,
Avaient fait par hasard rencontre d’un trésor.
U a volé d’abord ; et comme à la campagne
Tout son monde à présent, hors nous deux, l’accompagne,
Dans l’esprit d’un chacun je le tue aujourd’hui,
Et produis un fantôme enseveli pour lui.
Enfin, je vous ai dit à quoi je vous engage.
Jouez bien votre rôle ; et pour mon personnage,
Si vous apercevez que j’y manque d’un mot,
Dites absolument que je ne suis qu’un sot.
SCÈNE II.
LÉLIE.
Son esprit, il est vrai, trouve une étrange voiePour adresser mes vœux au comble de leur joie ;
Mais quand d’un bel objet on est bien amoureux,
Que ne ferait-on pas pour devenir heureux?
Si l’amour est au crime une assez belle excuse,
Il en peut bien servir à la petite ruse
Que sa flamme aujourd’hui me force d’approuver,
Par la douceur du bien qui m’en doit arriver.
Juste ciel ! qu’ils sont prompts ! Je les vois en parole (t)Allons nous préparer à jouer notre rôle.
SCÈNE III.
ANSELME, MASCÀRILLE.
MASCARILLE.
La nouvelle a sujet de vous surprendre fort.
ANSELME.
Etre mort de la sorte !
MASCARILLE.
U a, certes, grand tort :
Je lui sais mauvais gré d’une telle incartade.
ANSELME.
N’avoir pas seulement le temps d’être malade !
(i) Être en paroles, pour converser, s’entretenir. On dit encore au-jourd’hui , ils sont en paroles'de mariage, en paroles d’affaires. Cesphrases toutes faites dérivent peut-être de la phrase dont Molière sesert ici, et qui n’est plus d’usage.