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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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LÊ T O U RDI,

3'i

Jallais mettre à linstant cette fille en ses mains,

Mais suffit ; jen aurai tout le soin quon désire.

(Le courrier sort.)

(A Mascarille.)

Vous-même vous voyez ce que je viens de lire.

Vous direz à celui qui vous a fait venirQue je ne lui saurais ma parole tenir ;

Quil vienne retirer son argent.

MASCARILLE. <'

Mais loutrage

Que vous lui faites...

TRUFALDIN.

Va, sans causer davantage.

MASCARILLE seul.

Ah ! le fâcheux paquet que nous venons davoir!Le sort a bien donné la baie (1) à mon espoir ;

Et bien à la malheure (2) est-il venu dEspagne,

Ce courrier que la foudre ou la grêle accompagne.Jamais, certes, jamais plus beaû commencementNeut en si peu de temps plus triste événement.

SCENE XIV.

LÉLIE riant, MASCARILLE.

MASCARILLE.

Quel beau transport de joie à présent vous inspire?

LÉLIE.

Laisse-men rire encore avant que te le dire.

MASCARILLE.

Çà, rions donc bien fort, nous en avons sujet.

LÉLIE.

Ah ! je ne serai plus de tes plaintes lobjet.

Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries,

Que je gâte en brouillon toutes tes fourberies :

Jai bien joué moi-même un tour des plus adroits.

Il est vrai, je suis prompt, et memporte parfois :

Mais pourtant, quand je veux, jai limaginativeAussi bonne, en effet, que personne qui vive ;

(0 Ce mot baie vient de litalien baia. Les Italiens disent comme nousdar la baia, pour se moquer. (Ménage.)

(a) Male, de malus, mauvais. Ce mot est très-ancien dans notre lan-gue. On disait dans le douzième siècle, male-fcmme, maie-loi, pourmauvaise femme, mauvaise loi.